Quand le feu du printemps vient tout balayer
Le carnaval a une symbolique bien plus profonde que les déguisements : c’est notre façon de dire "merci et au revoir" aux jours gris. On jette ce qu’on ne veut plus au feu et on regarde les étincelles s’envoler.
L’énergie qui remonte
Toi aussi tu la sens venir ? Cette énergie du renouveau qui commence à nous titiller.
Les amandiers ont sorti leurs premières fleurs, juste après le mimosa. On a encore un pied dans l’hiver, mais nos cellules sentent déjà la sève pousser.
À Lucéram, mon village, ce réveil commence par le son des fifres et des tambours.
Les musiciens parcourent les ruelles pour une "chasse au trésor" gourmande, récupérant ici un œuf, là un peu de farine pour préparer la fête.
C’est le prétexte parfait pour sortir de son cocon, ouvrir sa porte et tisser ce fil qui nous relie tous.
Le feu sacré du Mardi Gras
Quoi qu'il se passe, cette fête est sacrée.
La veille, on pétrit les ganses, ce dessert dont le sucre colle aux doigts et au cœur.
Dès l’aube, la place du village fume sous les chaudrons de polenta. On finit par brûler le Roi dans un grand moment de joie et de flammes.
Le Cheval de Feu : transformer la tempête
Cette année, ce brasier résonne tout particulièrement avec le passage au Nouvel An Lunaire, placé sous le signe du Cheval de Feu.
C’est une énergie intense, galopante, qui nous invite au grand nettoyage.
Je l’avoue, cet hiver a été pour moi d'une violence que je n'avais pas choisie.
Suite à l'agression que j'ai subie, je n'ai pas pu profiter des festivités comme je l'aurais souhaité.
Mon corps réclamait le calme et silence.
Mais le message du Cheval de Feu est venu me chercher : on ne répare pas seulement le passé, on le consume pour en faire un terreau plus fertile.
Il y a des moments où notre sécurité intérieure vacille, mais il existe en nous une force incandescente qui refuse de s'éteindre.
Brûler ce qui a tenté de nous briser, ce n'est pas oublier, c'est reprendre possession de son territoire.
La vie est indisciplinée
C’est peut-être cela, la véritable leçon : la vie est merveilleusement indisciplinée.
Elle se moque des calendriers officiels comme de nos hivers intérieurs.
Elle revient toujours, impatiente et souveraine, dans la musique qui fait vibrer les pavés et dans cette envie irrésistible de se retrouver enfin debout, à l'air libre.
Le printemps n'est pas une destination, c'est ce sentiment de légèreté qui revient. Tout simplement.